Sélection Pilote Cadet Air France 2019

Mon échec à l’étape des PSY1 en 2018 me laissait une deuxième chance de me représenter cette année. Après avoir pris du recul sur cet échec, j’ai décidé de retenter la sélection.

28 octobre 2018 : de nouveau, il faut monter son dossier administratif et régler les frais d’inscription. On nous confirme les dates de présélection pour le début du mois de janvier. La préparation aux PSY0 fut plus légère que l’année d’avant, car cette fois, je savais globalement à quoi m’attendre. Par ailleurs, les sites de préparation ont intégré dans leur batterie de test les exercices des PSY0, ce qui facilitait grandement la préparation.

Mon entrainement s’est donc essentiellement porté sur ces plates formes (Pilotest et EPLtest), et surtout sur les exercices que j’avais trouvé difficiles l’année précédente. En parallèle, j’ai continué à engranger un maximum d’informations aéronautiques pour l’exercice de culture générale, et l’anglais s’est résumé à travailler avec le livre 200tests qui aborde les points de grammaires essentiels, en complément de quelques applications Android (Mosalingua, des quiz anglais, etc) pour apprendre des expressions ou consolider certaines règles grammaticales.

Le 5 janvier au matin, je me sentais reposé, prêt, mais toujours nourri d’une certaine appréhension. L’ouverture du logiciel de présélection me procure une dose d’adrénaline et c’est parti pour 1h30 de test en continu. Mon ressenti dans le feu de l’action est inhibé, incapable de savoir si je fais mieux ou moins bien que l’an passé. Dans l’instant présent, nous sommes trop concentrés. En résumé, la batterie de tests nous aura réservé quelques surprises, avec des tests supprimés, d’autres rajoutés.

Voilà mon ressenti à froid : je suis globalement satisfait, mais je suis loin d’avoir performé sur l’ensemble des exercices. Je dirais même que mon niveau était légèrement inférieur à celui de l’année passée, outre le fait que j’ai très mal réussi un nouveau test. Je reste confiant, mais pas assez pour m’empêcher de refaire l’épreuve en boucle dans ma tête.

Les résultats tombent une semaine après, par mail : c’est positif. J’apprendrai bien plus tard que j’étais sur le fil du rasoir… Je suis passé du bon côté à peu de choses près, mais l’essentiel est d’être admissible. Je suis très soulagé d’avoir passé cette étape, car c’est elle qui élimine le plus de candidats, en plus de me donner une seconde chance de me confronter à la journée de sélection PSY1.

Je reçois justement ma convocation pour le 5 mars. Nous sommes mi-janvier. Ca me laisse beaucoup plus de temps qu’en 2018 pour approfondir ma préparation, à plus forte raison que je connais déjà la plupart des tests.

Je démissionne de mon travail à la fin du mois de janvier, grâce au préavis raccourcie de la période d’essai. Cette fois, c’est quitte ou double. Je veux vraiment mettre toutes les chances de mon côté, avoir un environnement de travail sain. Je change de stratégie : cette fois-ci, je commence par travailler sur les tests où mon niveau est le plus faible, jusqu’à atteindre le niveau des autres exercices. Je l’ai bien compris : il faut être « moyen bon » partout, et non pas excellent sur certains et faibles dans d’autres. Et c’est bien ça qui, pour moi, en fait toute la difficulté.

Un exercice en particulier me fait toujours aussi peur : la compréhension de texte. Je prends conscience que je ne l’avais absolument pas travaillé l’an passé, et m’étais retrouvé démuni le jour J face à cette épreuve. Elle avait probablement contribué à mon échec. Cette fois, je travaille avec le livre du TAGE MAGE (que je recommande pour tous ceux qui comme moi ont des problèmes de compréhension écrite), et m’entraine à la lecture rapide, aux différentes stratégies de réponse, mais j’ai l’impression que mon niveau ne progresse pas. Mes résultats dépendent trop de la nature du texte, et, je dois l’avouer, du facteur chance également… Je m’entête néanmoins à vouloir m’améliorer et je continue de m’exercer sur des textes en ligne.

La date approche, j’en parle à la fin de cet article : je suis plus serein qu’en 2018, le travail fourni permet de réduire mon appréhension mais je reste sur mes gardes afin de ne pas trop me conditionner comme l’année dernière.

La journée de sélection à l’ENAC se passe mieux cette fois. J’ai le bonheur d’apprendre une dizaine de jours plus tard la réussite à cette étape. Des larmes de soulagement se libèrent après cette longue attente. Mon objectif est « atteint » : le privilège de pouvoir passer des entretiens PSY2. Je suis ravi et je n’en reviens pas.

Un long marathon se profile alors. Nous sommes mi mars. Je ne sais pas encore que je vais devoir m’armer de patience avant de pouvoir me présenter à ces fameux entretiens. En avril, un mail d’Air France nous indique nos résultats détaillés des pré-sélections. En mai, je n’ai toujours pas ma convocation PSY2. Fin juin, je me décide alors d’appeler le service recrutement afin de pouvoir m’organiser sur ma date de passage. La réponse est immédiate : je reçois ma convocation le lendemain pour les 26 et 27 aout ! Patience, c’est finalement le mot clé de cette sélection.

Des mois de préparation ont précédé ces deux journées qui seront probablement celles les plus importantes de ma carrière. Encore une fois, l’objectif est de ne rien regretter et de mettre toutes les chances de son côté. Je passe au crible ma candidature, mes expériences, mon parcours, mes choix, mes motivations, mes faiblesses.

Des pilotes bienveillants au sein d’Air France, Sylvie, Mathieu et Eric, me donneront des conseils précieux et me raconteront des anecdotes sur leur vie de pilote. Cela m’aidera à mieux comprendre la philosophie de la compagnie, à prendre du recul sur le métier et à le découvrir de l’intérieur, notamment grâce à une merveilleuse rotation en jumpseat que je raconte ici. Ils m’aideront finalement à comprendre un peu mieux les différentes facettes de ce métier, avec leurs inconvénients.

Je réserve deux nuits d’hotel les 25 et 26 aout au soir à Villepinte, près des locaux d’Air France. Le confort me semble primordial.

La date approche. C’est la dernière étape. Près de 8 mois se sont écoulés depuis la présélection. Nous avons tous envie d’en finir. Nous serons 15 candidats sur la session du 26 et 27 aout. 3 groupes de 5 personnes.

La première journée commence avec un inventaire de personnalité et des épreuves de groupe l’après midi. Une charte de confidentialité m’interdit d’en dire plus à ce sujet mais mon ressenti est mitigé. Le lendemain, l’entretien individuel confirmera mes doutes : j’ai l’impression d’avoir parfois subi les épreuves, malgré des prises de parole pertinentes. A froid, j’essaie d’être objectif et de m’analyser mais le doute persiste. Evidemment, nous n’avons aucun feedback des recruteurs. On ne sait donc pas si ce qu’on a fait est « bien » ou « mauvais ».

Deux réponses tombent le lundi 2 septembre, par mail. C’est positif pour 2 personnes de notre groupe. Rien pour nous autres.

Une deuxième et dernière vague positive arrive le vendredi qui suit : 6 personnes ! J’ouvre mes mails, un peu naïvement. Je vois un mail d’Air France. What ? Je lis l’objet. Recrutement Cadet. Ok. Je descends un peu. « RH » « Villepinte » « Nous avons le plaisir de…. »

Oh put***. Je lâche mon téléphone sur le lit. Mes mains sont sur le visage. Je reprends mon téléphone et lis la suite « …Plaisir de vous annoncer votre réussite à la sélection… ». Je lâche mon téléphone à nouveau. Je n’y crois pas. Ils se sont peut être trompés ? Ca peut arriver… Je préviens mes proches. Je suis ému. Puis l’émotion disparait soudainement. J’ai tellement idéalisé ce moment que, finalement, quand il se produit vraiment, on se retrouve un peu bête.

L’émotion du moment est très courte, intense, mais elle ne dure pas. Cela me surprend. Bien sûr, je suis très heureux d’apprendre cette nouvelle, et je mesure le privilège que cela représente, mais je ne réalise pas encore. A ce stade, nous sommes donc 8/15 à être reçus. Mais il n’y aura plus de réponse positive par la suite, et l’ensemble des réponses négatives arriveront la semaine suivante. Au total, le ratio est donc de 8/15 sur notre session PSY2.

De mon côté, le chef pilote m’appelera le mercredi 11 septembre pour m’annoncer ma date d’entrée en formation : deux jours d’intégration à Roissy les 25 et 26 juin prochain, puis un début à l’ENAC le 29 juin pour 8 mois de cours théoriques. Normalement, la suite se déroule en Floride pour 4 mois de formation pratique, avant un retour en France pour terminer cette formation de 2 ans.

Je suis très ému d’avoir réussi cette sélection qui me tenait vraiment à cœur. Je n’en reviens toujours pas.

Pour tous ceux qui souhaitent des renseignements, un retour d’expérience ou des conseils sur la sélection, n’hésitez pas à me contacter via mon adresse email dans l’onglet « contact », j’essaierai de vous aider du mieux que je peux.

Bonne chance à tous.

2 Comments

  1. Evelyne DURET

    Bravo, bravo, bravo!
    Quelle magnifique réussite ! Réussite obtenue grâce à la ténacité, à l’implication très forte, au fait d’avoir su suivre ce qui te tenait à coeur depuis longtemps
    Et un très grand merci de partager toute cette si riche expérience avec nous!

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